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Blanquer : le numérique et la com’ au service de l’extrême droite et du capitalisme.

De Jean-Marie à Jean-Michel...

vendredi 9 avril 2021, par Fab

Un an après le premier confinement, c’est le même sketch qui recommence. Les plate-formes dédiées à l’enseignement à distance ne fonctionnent pas. Elles sont saturées de 8h00 à 17h00 et rares sont les personnes, enseignant-es, parents ou élèves, qui peuvent y avoir accès sans se faire jeter comme des malpropres au bout de 10 minutes de connexion.

Bug de Jean-Mi

[**Mais Jean-Mi a une excuse toute tracée : « C’est pas moi, c’est les zot’ ! »*]

Il a d’abord accusé ses prestataires privés des bugs. Mais pourquoi, quand on est censé défendre le service public, aller confier un ministère au privé ? Aux GAFAM ? A des serveurs délocalisés dans des pays où la confidentialité des données n’est pas une vertu ? Peut-être pour satisfaire ses ami-s (ré-)actionnaires ?

Puis, il s’en est pris aux non-français-es en affirmant que le CNED avait été la cible d’une cyber-attaque venue de l’étranger. Ce n’est pas que la Russie soit un modèle de démocratie mais en quoi les services secrets russes auraient-ils un grand intérêt géostratégique à pirater le site du CNED ? Face à ces accusations, SUD Éducation a demandé la publication des journaux de connexion qui prouveraient ou non cette attaque.

Accuser l’étranger, voilà bien une nouvelle excuse de son incompétence légendaire qui s’ajoute à sa collection de propos et actes réactionnaires dans la lignée des valeurs d’extrême droite qu’il partage. Cela n’est pas sans rappeler ses accointances avec le réseau d’écoles catho-réacs « Espérance Banlieues » ou avec la sulfureuse association SOS Education. Souvenons-nous aussi des propos de la fille Le Pen qui affirmait que les discours de Blanquer étaient une victoire idéologique mais aussi politique pour son parti.

Ne nous y trompons pas. Pendant qu’à l’intérieur iels nous concoctent des lois liberticides, ferment les frontières, surveillent à tout va... à l’éducation on met en place les futurs piliers d’une école réactionnaire et surveillée par le numérique (ENT, télétravail, constellations...).

Actuellement, le télétravail dans la fonction publique ne peut se faire qu’à la demande de l’agent et l’employeur-euse a l’obligation de fournir les outils numériques nécessaires à sa mise en place...

Dans l’avant-projet d’accord pour le télétravail dans la fonction publique, le pouvoir nous vend du rêve : « faire du télétravail une expérience positive qui contribue à rendre la nature du travail plus intéressante, gratifiante et collaborative et donc renforcer l’efficacité des services publiques ». Cette avancée serait « au service des agents » et respecterait le droit à la déconnexion et serait levier d’amélioration de la QVT (qualité de vie au travail) et des conditions de travail...

Mais en y regardant de plus prêt, iels y parlent aussi de renégociation d’accords, et d’évolutions des pratiques managériales.

Pour rappel, le management c’est la mise en œuvre des moyens humains et matériels d’une entreprise pour atteindre ses objectifs. Une éducation au service des performances, avec des objectifs à atteindre...

Voilà qui nous rappelle curieusement ces CLA que vendent les IEN aux équipes de REP et CAPE. Voilà aussi qui nous renvoie à la loi Rilhac.

Iels veulent trouver un accord avant l’été pour nous pondre leur projet de télétravail dans la fonction publique. Projet qui se base sur plusieurs études dont :

Le Guide d’accompagnement au télétravail dans la fonction publique (ICI). Ce guide nous renseigne sur :

  • l’importance du caractère régulier du télétravail qui ne doit pas concerner uniquement les situations exceptionnelles,
  • l’obligation pour l’agent d’obtenir un certificat de conformité ou une attestation sur l’honneur de la conformité de son installation électrique et numérique, avec possibilité de vérification de l’employeur par des photos de l’espace dédié,
  • qu’aucun-e employeur-euse ne va au-delà de ce que prévoit le décret (article 6 décret n°2016-151) concernant la prise en charge des coûts pour l’agent. La prise en charge ne concerne que ce qui découle directement de l’exercice des fonctions en télétravail.
    L’abonnement internet, l’électricité, la mise en conformité, le matériel de sécurisation de l’espace dédié et le surcoût d’assurance habitation sont à charge de l’agent,
  • les espaces classiques de travail se transforment ainsi en « hub de rencontres et d’échanges intensifs » pour offrir un nouveau lien social avec son éco-système professionnel... Bref, une logorrhée managériale à vomir !

Dans ce guide, on y retrouve 55 occurrences de mots de la famille de « management », 25 fois le mot « coût » et seulement 11 fois « conditions de travail » et 6 fois « qualité de vie ».

Le second document de référence est l’Anact (ICI) : kit pour associer télétravail et QVT.
Ici, dans un cynisme absolu, le télétravail est présenté comme un outil de protection de l’environnement. Là encore, les coûts de mise en conformité des installations, qui sont un préalable à la demande de l’agent, n’ont pas vocation à être pris en charge par les employeurs.
Là encore, 40 occurrences du mot « management », 6 de « qualité de vie » et 0 de « conditions de travail »...

Transformer l’éducation en un système réactionnaire dont l’extrême droite se réjouit, en un système capitaliste de mise en concurrence et d’évaluation d’objectifs avec un management à l’américaine des équipes éducatives... Voilà le vrai visage de Blanquer, de Macron, et de toute leur clique de LREM !

Citation Jean-Mi