Déclaration liminaire du CDEN du 22 février

, par  Sud Education 85 , popularité : 12%

Une fois encore les prévisions fournies pour 2022 sont celles de gestionnaires coupé.es des réalités du terrain. 31 fermetures et 9 gels dans le premier degré. Des mesures néfastes touchant outre-mesure les écoles en dispositif CAPE et en milieu rural. Le niveau d’encadrement en zone CAPE tend à s’aligner sur celui des autres territoires. Vous arguez que ce qui est facteur de réussite dans le dispositif CAPE sera alors ce qui est mis en place par les partenaires. Mais quid de la responsabilité de l’Education Nationale ? Quid de toutes les études montrant que l’apprentissage est plus efficace lorsque l’effectif est réduit et ce, d’autant plus que le public accueilli est issu de milieux socialement défavorisés ?

Alors certes nous allons bénéficier de 10 moyens de remplacements supplémentaires dans le premier degré. Mais fort heureusement car avec plus de 40% de non remplacement durant le mois de janvier, l’inverse serait étonnant. Pourtant, l’an passé quand SUD Education demandait de doubler le nombre de brigade, il nous a été répondu que ce n’était pas crédible. Lors du dernier CTSD encore, on nous accuse d’être “trop gourmands”. Trop gourmand·es ? Nous ne demandons pas à bénéficier d’une prime du RIFSEEP de 50 000 € comme en bénéficient certain·es. Non ! Nous voulons juste faire en sorte que les élèves apprennent dans les meilleures conditions possibles. Que les personnels aient des conditions de travail décentes. Que les droits syndicaux puissent enfin être respectés !

Vous vous gargarisez, de même que le gouvernement, d’une école inclusive. Alors même que vous refusez toujours d’appliquer la loi de 2019 sous couvert que le décret d’application n’est pas paru. Vous refusez de comptabiliser les élèves des dispositifs ULIS dans les effectifs et si les élu·es du personnel insistent alors vous menacez de comptabiliser aussi le moyen correspondant à l’enseignant·e chargé·e de la coordination. Mais ce n’est pas la loi !
Nous vous invitons donc à relire le point 3° de l’article 25 du chapitre IV de la loi du 26 juillet 2019 : « Les élèves accompagnés dans le cadre de ces dispositifs sont comptabilisés dans les effectifs scolarisés. ». Cet élément a été rappelé dans le JO du Sénat du 19/12/2019. Attendre la parution d’un décret pour appliquer cette loi relève purement et simplement du mépris pour les personnes à besoin particulier. A moins qu’à l’instar d’un certain candidat à la présidentielle on voit l’inclusion comme “une mauvaise manière faite aux autres enfants”.

La mutualisation des moyens en accompagnement par les PIAL conduit à une déshumanisation des relations entre les élèves notifié·es et leurs AESH qui ont parfois 5 élèves à suivre. Vous transférez sans ménagement l’ULIS des Pyramides à Moulin Rouge, sans prendre en compte la volonté des équipes de cette école ou même celle des familles. Sous prétexte de “ne pas ajouter de la fragilité à un public déjà fragile” vous supprimez une ULIS sans considération pour les enseignantes, dont la priorité sur le poste transféré est incertaine et qui avaient des habitudes de travail en équipe. Les AESH affectées dans l’école, sont traitées comme des pions. Les élèves et leurs familles n’ont pas plus été consulté·es et devront revoir leurs habitudes et reconstruire des liens alors même que c’est un public “fragile” selon vos mots. La cerise étant que les équipes ont été prévenues avant même la tenue des GT et le CTSD 1er degré, soit avant les instances dédiées au fameux “dialogue social” que vous nous rappelez régulièrement Mme la Dasen sans jamais prendre en compte les demandes des équipes ou des élu·es.

Toujours l’œil sur les chiffres, vous vous congratulez pour des augmentations des taux d’encadrement de l’ordre du centième, lorsqu’en réalité vous ne faites que donner d’une main ce que vous avez pris de l’autre. Nous reconnaissons l’habileté au bonneteau dont vous faites preuve, en réussissant à ouvrir un lycée à Aizenay en dépouillant les lycées yonnais ou en ouvrant des classes dans l’agglomération tout en en fermant sept à La Roche sur Yon, alors que l’évolution démographique dans les bassins ne justifie absolument pas ce jeu des chaises musicales. L’œil sur les chiffres, vous oubliez ainsi que derrière une classe qui ferme il y a un.e enseignant.e obligé.e de muter, des AESH obligé.es de bouger aussi, des élèves qui doivent s’habituer à des classes plus chargées et tout un réseau pédagogique à reconstruire, au sein des équipes et avec les familles.

M. le Préfet, dans cette même logique comptable, vous distribuez des OQTF à des familles avec enfants, en niant ainsi complètement leur droit à une enfance épanouie et à une scolarité sans encombre. Ce sont des humains que vous avez derrière les formulaires. La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ? En rognant sur les 44 milliards de fortune supplémentaire qu’a engrangé Bernard Arnault pendant que les premier·ères de corvée servaient de chair à Covid, on pourrait en accueillir des migrant·es !

Dans une France saturée par les idées d’extrême-droite, où vous-même M. le secrétaire général, reprenez à votre compte les discours réactionnaires sur la cancel culture au dernier CDEN en vantant les traditions catholiques vendéennes qui font que 65 communes de notre territoire n’ont pas d’école publique, nous vous demandons de retrouver l’humain·e derrière le tableur pour construire une école publique émancipatrice et réellement inclusive des élèves dans toute leur diversité.