Déclaration liminaire CDEN 7 décembre L’autruche a toujours la tête dans le sable

, par  Sud Education 85 , popularité : 55%

Après près de 2 ans de pandémie, nous avons l’impression d’en être au même point dans l’Éducation Nationale. Le ministre Blanquer relativise le rôle de l’école dans les contaminations et allège le protocole sanitaire à l’entrée de la 5ème vague alors que les études faites lors de la 3ème vague dans le secondaire montrent bien l’importance des contacts scolaires dans les contaminations. On ne fermera plus les classes au 1er cas positif, mais on fera passer des tests à tou·tes les élèves. Lorsque l’on voit les conditions de réalisation des tests salivaires dans le primaire et des autotests dans les lycées en fin d’année dernière, on est en droit d’avoir de gros doutes sur la pertinence des mesures sanitaires annoncées.

Par ailleurs, les mesures qui pourraient permettre d’éviter les contaminations en milieu scolaire ne sont toujours pas prises, alors qu’on les réclame depuis des mois : gratuité des masques pour les élèves, campagnes hebdomadaires de dépistage du covid dans les établissements scolaires, installations de filtres Hepa lorsque la ventilation des salles n’est pas possible (parce que les fenêtres ne s’ouvrent pas ou parce qu’il fait trop froid dehors). Vous-même Madame la DASEN nous répondez en réunion « les mesures du protocole sanitaire ne vont pas empêcher le virus de circuler ».

De plus, après presque 2 ans de crise sanitaire, vous nous expliquez qu’il est normal, dans le cadre d’un effort collectif, de supprimer les formations auxquelles ont droit les personnels. À commencer bien sûr par les formations syndicales, puisque vous nous présentez avec fierté le plan de formation départemental proposé aux professeur·es des écoles. Ce que nous pouvions entendre au mois de juin 2020, nous ne pouvons plus l’entendre en décembre 2021, après deux rentrées passées sous tension en termes de remplacement. Encore aujourd’hui, des collègues ne sont pas remplacé·es dans le primaire sur des arrêts maladies, les remplacements sont déjà à flux tendu et ne permettent pas l’accès au droit à la formation, ni l’accès à l’exercice du droit syndical puisque la participation à l’AG de notre organisation syndicale a été refusée dans un premier temps à son co-porte-parole. L’augmentation des moyens de remplacement à la rentrée ne permet pas de couvrir les besoins et doit être bien supérieure.

Nous déplorons également Mme la DASEN que 13 élèves n’aient pas encore obtenu leur affectation en EGPA alors qu’iels en ont eu la notification et que vous avez fait remonter des moyens non utilisés suite à la fermeture de l’EREA. De même, il n’est pas normal que des RASED soient incomplets alors même que le nombre d’élèves scolarisé·es dans les zones couvertes par un·e seul·e psychologue EN a doublé depuis la création du corps des psychologues scolaires.

Enfin, nous tenons à nous indigner de la situation de familles qui se retrouvent expulsées de leur logement et relogées par le 115 loin des établissements scolaires des enfants, entraînant de fait leur déscolarisation. Ces situations malmènent des enfants innocent.es et vont à l’encontre des Droits de l’enfant à « l’éducation, […] sur la base de l’égalité des chances » (Convention pour les Droits de l’enfant) ainsi qu’au droit à « grandir dans un climat de bonheur, d’amour et de compréhension », et d’être élevé·s dans « un esprit de paix, de dignité, de tolérance, de liberté et de solidarités », puisqu’iels sont confronté·es au déracinement, à la peur et à l’exclusion. Ces enfants doivent pouvoir suivre une scolarité épanouie et sereine, surtout après avoir vécu les épreuves associées à leur migration. Vous nous avez expliqué Mme la DASEN, au dernier CTSD, que ces situations étaient du ressort de la préfecture, nous vous interpellons donc, M. le Préfet, sur la situation de ces enfants particulièrement vulnérables. Leurs familles doivent être régularisées et accompagnées de sorte qu’aucun·e de ces enfants ne subissent de déscolarisation ou ne dorment à la rue. Parce quà l’aube de 2022, avoir des enfants qui dorment dans la rue dans le département que vous avez sous votre responsabilité, c’est tout de même honteux, mais surtout indigne d’un·e représentant·e de la république.

Les co-secrétaires de SUD Éducation 85