Sud Education Vendée écrit à Mme la DASEN et aux IEN de Vendée

mercredi 17 février 2021
par  Lawryn
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Lettre ouverte à madame la directrice académique et de mesdames, messieurs les inspectrices, inspecteurs de Vendée

Aujourd’hui ce sont les enseignant-es que nous sommes aussi bien que les représentant-es syndicaux-ales qui s’adressent à vous. Des enseignant-es syndicalistes qui voient, chaque jour, leurs collègues abandonné-es à leur sort plonger un peu plus dans un désarroi plus que légitime. Chaque jour, sur le terrain, le constat est si édifiant que l’institution ne peut plus le cacher, que vous ne pouvez plus le cacher malgré tous vos efforts. Les arrêts de travail, les surmenages, les accidents de services, les démissions ou les demandes de rupture conventionnelle se multiplient. Oui, les enseignant-es que nous sommes sont excédé-es par cette situation, la coupe est pleine !

Lors du premier confinement déjà, nous, enseignant-es fonctionnaires, sincèrement attaché-es à notre mission de service public, avons joué notre rôle et bien plus encore. Malgré les ordres et contre-ordres incessants, les incohérences, les flous, la multiplication de missions ne s’appuyant sur aucune base légale ou procédurale et contrevenant parfois même la loi, le corps enseignant a répondu présent durant cette crise sanitaire. Mais ce corps-là est épuisé et ses épaules semblent bien larges pour sa hiérarchie. Des directeurs-trices, enseignant-es RASED débordé-es, devant gérer des situations ne relevant pas de leurs missions, des AESH déplacée-es comme des pions corvéables à merci, des remplaçant-es épuisé-es par des déplacements de plus en plus importants, des collègues assurant le présentiel ET le distanciel ou encore l’accueil des enfants de soignant-es. Accueil pour lequel bien peu d’entre nous ont reçu la fameuse prime covid, parfois sous le feu de mails culpabilisants émanant de leur hiérarchie directe, voilà l’amère réalité.

Devant l’inquiétude croissante des familles, des personnels et de la FCPE vous répondez qu’il va nous falloir être patient-es. Ce nouveau coup de communication constitue selon nous un affront de plus, un affront de trop. Nous n’avons justement été que trop patient-es ! Cela va maintenant faire un an que nous vivons avec ce virus. Cela fait presque un an maintenant que nous appelons à un plan d’urgence pour l’éducation. Aujourd’hui, alors que notre situation ne va pas en s’améliorant loin de là, rien n’est fait pour nous soutenir, bien au contraire. Cette année aura vu l’annonce de la fermeture de l’EREA d’Orbestier, établissement d’enseignement adapté aux élèves en difficultés scolaires avérées, en pleine crise sanitaire. Cette année encore des mesures de cartes scolaires viennent frapper durement des écoles, des classes, augmentant encore, à terme, les effectifs de classe pour la rentrée prochaine, nos inspecteurs-inspectrices se gardant soigneusement de préciser aux maire-sses des communes de moins de 5000 habitants, qu’ils/elles peuvent refuser ces fermetures selon les dires de Mme la secrétaire d’état à l’éducation prioritaire, Nathalie Elimas, le 3 février dernier. Aujourd’hui, dans de nombreuses écoles, des collègues ne sont pas remplacé-es, obligeant à la répartition des élèves et donc au brassage, contrevenant ainsi au protocole sanitaire en vigueur depuis le 1er février. Des élèves de CE voire CM sont même parfois mélangé-es à des élèves de cycle 1, qui ne portent pas de masque ! N’en déplaise à Monsieur le ministre de l’Éducation nationale, l’institution se révèle ainsi dans l’incapacité d’assurer le respect de son propre protocole et donc la protection de ses usager-ères. De plus, prétendre maintenir la même exigence pédagogique dans de telles conditions serait un mensonge pur et simple mais cela nous y sommes habitué-es.

Une fois la colère passée, colère qui nous semble parfaitement légitime et plus que jamais opportune, nous attendons des explications, et plus encore, des solutions. Nous attendons des solutions de la part de l’institution et de notre hiérarchie car il nous semble que c’est là son rôle. En effet, l’institution est la garante de la sécurité et de la santé de ses usager-ères, qu’elle leur doit protection. Quelles explications l’institution va-t-elle en effet bien pouvoir nous fournir, ainsi qu’aux familles en sachant qu’elle ne protège ni ses personnels ni les élèves, en sachant qu’elle est, de fait, hors la loi sous bien des aspects et sur bien des sujets.

Il n’appartient pas aux personnels et donc ni à nos collègues, ni à nous-mêmes de pallier les incessantes insuffisances de l’institution. L’insuffisance des moyens de remplacement n’est pas un argument recevable, bien au contraire. La répartition des élèves n’est ni une option légale, ni une option envisageable.

Il appartient à notre hiérarchie et à l’institution que vous incarnez de prendre ses responsabilités. Vous, nous, fonctionnaires, sommes les garant-es des institutions, dans notre cas de l’éducation nationale et de l’école publique. Comme vous le savez sûrement, ces institutions sont encadrées par des lois qu’il nous faut respecter et faire respecter. En tant que fonctionnaires incarnant l’autorité hiérarchique, vous êtes plus que jamais soumis-es au devoir de réserve que vous brandissez bien souvent de manière inadéquate afin de museler les humbles tacheron-nes que nous sommes. Vous devez ainsi éviter, en toutes circonstances, les comportements susceptibles de porter atteinte à la considération du service public par les usager-ères. Il vous appartient donc d’être les garant-es de cette institution afin d’être à la hauteur de notre mission de fonctionnaire et non de suivre une quelconque logique comptable corrélée à une idéologie politique mortifère ou à un plan de carrière individuel allant à l’encontre du bien commun. Vos coups de communication lénifiants et bien souvent mensongers, votre gestion condescendante et managériale des personnels et votre fonctionnement individualiste n’ont pas leur place dans notre institution. Nous œuvrons pour un service public d’éducation digne, avec des moyens décents, pour des programmes émancipateurs, en tenant compte des inégalités sociales, afin de former des citoyen-nes éclairé-es, qui auront toutes les armes pour aller vers une transformation sociale de notre société sous l’aune de valeurs humanistes.

Les enseignant-es syndicalistes que nous sommes attendent des moyens humains et financiers pour notre système éducatif. Nous attendons des moyens de remplacement suffisants que ce soit en période de crise sanitaire ou en temps “normal”. Nous attendons donc de savoir la réponse qui sera donnée aux familles et aux personnels afin de leur transmettre.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez croire en notre attachement sincère envers notre mission de service public.

Sud Éducation Vendée


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