Anxiogène, anxiogène, est-ce que j’ai une gueule d’anxiogène ?

Compte-rendu du CHSCT du 11 décembre 2018
jeudi 20 décembre 2018
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Anxiogène, anxiogène, est-ce que j’ai une gueule d’anxiogène ?

Compte-rendu du CHSCT du 11 décembre 2018

La séance a bien commencé : la DASEN a omis de demander s’il y avait des déclarations liminaires. Cela nous a rappelé la phrase marquante du CHSCT précédent sur un Avis qu’elle croyait pouvoir refuser de soumettre au vote : “De toutes façons, ça ne changera pas grand’chose”. Elle a ensuite refusé que cette phrase soit portée au PV. En clair : parlez, écrivez, vous les représentant-es du personnel, peut me chaut !

Pour l’administration, les instances ne sont que des chambres d’enregistrement et/ou des vitrines locales des annonces gouvernementales. Bref, du vernis. A nous, représentant-es, de nous saisir du CHSCT, instance dans laquelle nous pouvons tout de même agir.

C’est le cas lorsque nous nous déplaçons, lors de visites ou d’enquêtes, sur les lieux de travail (écoles, établissement mais aussi locaux de la DSDEN, CMS…). Lors de la séance du 11/12, nous avons évoqué le suivi des préconisations que nous avions faites à l’issue de plusieurs visites. Nous constatons souvent des améliorations suite à notre passage. Mais, grâce aux rapports du CHSCT et aux suites données – ou pas – par les collectivités ou l’Education Nationale aux préconisations que nous avons formulées, leurs manquements sont également mis en lumière. Par exemple, une mairie n’a pas donné suite à une demande de remplacement d’équipement dangereux dans une école… Or, notre employeur ne réagit pas. Ou encore, une préconisation demandant une meilleure information des personnels sur les questions de santé et sécurité au travail ne reçoit aucune réponse hiérarchique.

Il faut dire que nos supérieur-es ont une vision du terrain bien différente de la réalité que nous côtoyons quotidiennement. Par exemple, lorsque nous avons évoqué un lieu de travail où certains problèmes perduraient, l’administration nous a demandé : “y a-t-il des écrits à ce sujet ?” Eh bien non, Monsieur le Secrétaire Général, et ce n’est pas étonnant, car sur ce site, la dernière personne qui a produit des écrits sur une situation dangereuse a été sanctionnée !…

C’est alors qu’est intervenue de la part du Secrétaire Général cette réplique digne d’un grand moment de cinéma : « c’est vous qui êtes anxiogènes ! » Eh oui, tenez-le vous pour dit : lorsque un personnel s’effondre en pleurs, au téléphone ou dans nos bureaux syndicaux, ou encore lors d’une heure d’information syndicale, c’est la faute à SUD ! Vous qui nous remerciez pour l’écoute, les conseils, l’accompagnement, vous n’avez sans doute rien compris : c’est nous, à SUD, qui sommes anxiogènes, et non l’environnement de travail, et non l’attitude de la hiérarchie !

Les collègues ont peur de témoigner ? Une invention de SUD… Les personnes en situation de handicap sont négligées, voire sanctionnées, par la hiérarchie ? SUD dit n’importe quoi… Des personnels sont à bout, en raison de conditions de travail insupportables (agressions de parents, élèves ingérables…) ? SUD exagère…

En réalité, ce mépris pour la réalité du terrain, ce déni des problèmes rencontrés et surtout de la responsabilité de la hiérarchie, est choquant non seulement pour les représentant-es SUD, mais aussi pour l’ensemble des personnels, que nous représentons lorsque nous siégeons. C’est pourquoi nous continuerons de dénoncer haut et fort l’attitude de nos supérieur-es lorsqu’ils et elles, non seulement ne protègent pas les personnels, mais contribuent souvent à aggraver leurs conditions de travail.

Il est à noter que les fiches RSST, que certain-es d’entre vous pensent inutiles, permettent en réalité au CHSCT d’agir : décider du lieu d’une visite, décider de la nécessité d’une enquête, peut faire suite à la lecture d’une de ces fiche. Cela a été le cas lors de la séance du 11/12 : une enquête a été décidée dans un établissement suite à plusieurs informations inquiétantes, dont certaines étaient consignées sur une fiche RSST.

Pourtant, notre employeur tente de minimiser le contenu de ces documents en les résumant dans des tableaux, ce qui constitue souvent déjà une analyse de sa part… Voire une interprétation douteuse ! Ainsi, une fiche évoquant des problèmes de santé au travail était-elle rangée dans la catégorie “problème avec un personnel” ! SUD Education a évidemment dénoncé ce procédé, qui malheureusement reflète bien la réalité : les personnes les plus fragiles sont considérées comme “un problème” par la hiérarchie (et parfois, il faut malheureusement le dire, par certain-es collègues).

Quant aux personnels AESH, une information révoltante a été donnée : le gouvernement serait en train de plancher sur une mesure, dans le cadre du dispositif “ensemble pour l’école inclusive”, qui permettrait de… donner plus d’heures ? Une vraie formation ? Une revalorisation salariale ? Vous n’y êtes pas : l’idée serait que les personnels parviennent à 100% grâce à... un deuxième emploi !

SUD a interrogé l’administration : ce deuxième emploi sera-t-il en rapport avec les compétences professionnelles d’un-e AESH ? Réponse : ben non, pas forcément… Question de SUD : cela pourrait être, au hasard, des heures de ménages dans des locaux municipaux ? On nous ne répond pas non… Cela pourrait être aussi bien des suivis d’enfants en dehors des temps scolaires que complètement autre chose en effet… Reconnaissance professionnelle : zéro. Préparons-nous à nous mobiliser en février pour faire modifier cette loi scélérate, si tel est son contenu !

Enfin, les conditions de travail des personnels des circonscriptions de Challans, St Gilles et Les Sables sont en train de se dégrader fortement en raison de leur “rapatriement” dans les locaux de la DSDEN, qui ne sont pas prêts à les accueillir. Les bureaux ne sont plus au coeur des circonscription mais à l’extérieur de celles-ci, générant des déplacements pour les IEN,les CPC, les membres des RASED… et les enseignant-es qui sont convoqué-es ou demandent à rencontrer leur IEN. De plus, les travaux vont durer plusieurs mois, rendant difficile le travail sur place.

Les locaux de la DSDEN sont d’ailleurs, pour certains d’entre eux, dans un triste état. Cependant, des personnels qui pourraient craindre des problèmes de santé préfèrent “ne pas donner suite” à la préconisation de consultation de la médecine de prévention ! Etonnant, non ? Mais on n’en dira pas plus, sinon on va nous taxer d’anxiogènes…

Grâce à vous, personnels de l’éducation nationale en Vendée, SUD Education conserve un siège au CHSCT pour la mandature 2018-2022. Nous continuerons à y défendre des principes et des personnes et vous invitons à nous contacter pour toutes question concernant la santé et la sécurité au travail, et les conditions de travail en général. Nous ne lâcherons rien !