Un avis du CHSCT "ne servira pas à grand chose" selon la DASEN... Une institution de plus en plus méprisante avec le personnel !

Compte-rendu du CHSCT du 10 octobre 2018 sur le redécoupage des circonscriptions
samedi 13 octobre 2018
par  christinec
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Lire notre déclaration liminaire en pdf, en bas de l’article.

Le 10 octobre, un CHSCT était convoqué à la demande des représentant-es du personnel, dont SUD, afin de ne pas laisser passer comme une lettre à la poste un projet de redécoupage des circonscriptions du 1er degré tombé du ciel au CTSD, le 18 septembre.

Ce projet a un réel impact sur le conditions de travail des personnels : RASED, secrétaires de circo, conseillers et conseillères pédagogiques, remplaçant-es... Or, la DASEN comptait le faire voter en CTSD sans que le CHSCT ait été consulté !

Donc, CHSCT... Sauf qu’un nouveau CTSD, prévu pour voter le texte, est annoncé le lendemain. Comment l’administration pourrait-elle tenir compte des avis du CHSCT du 10 pour modifier le projet... avant le 11 ? On se moque du monde !

Et on s’en moque ouvertement. En effet, quand un représentant indique qu’il demande à mettre un Avis au vote, ce qui est le fonctionnement normal du CHSCT, la DASEN - qui est en l’occurrence Président du CHSCT - tente d’abord de refuser... Devant notre réaction, elle dit alors que voter un avis "ne servira pas à grand chose" !

Lorsqu’il lui est demandé de veiller à ce que ces propos soient bien portés au PV, elle répond : "les propos de la Directrice Académique repris dans le PV seront ceux que je souhaite"...! Ambiance et transparence.

Où sont les questions que nous devrions traiter, à savoir les conditions de travail ?...

Nulle part... Le redécoupage des circonscriptions à la rentrée 2019 se fera donc sans aucune concertation avec le terrain (les IEN seul-es étaient au courant). Résultat, certaines circos seront beaucoup plus lourdes que d’autres à gérer, plus étendues ou plus chargées en effectifs. Aucun moyen humain n’est prévu en sus. (En moins, peut-être, à l’avenir ?...) On tente de nous faire croire que l’enveloppe prévue pour les frais de transport sera abondée ! Alors que chaque année, elle se révèle insuffisante et que des personnels (RASED notamment) doivent rouler sur leurs deniers, faute de sous...

Le projet entend faire correspondre les bassins de recrutement des collèges avec les circonscriptions. En clair, un collège devrait recevoir des élèves d’une seule circo, et une circo devrait se trouver sur moins de bassins de recrutements différents qu’auparavant. Simplification donc. En apparence, cela paraît de bon sens... mais le résultat n’est pas acceptable, car inéquitable. Pourquoi ne pas avoir associé les acteurs et actrices de terrain au projet ? Pourquoi ne pas avoir informé les représentant-es plus tôt ?... Comme l’a demandé SUD à la DASEN : "A quoi pensez-vous que nous servions ?"

Cerise sur le gâteau, on finit par apprendre que le nombre d’entretiens de carrières à réaliser par les IEN est l’un des critères du redécoupage... et qu’il y a beaucoup de PPCR prévus dans le... privé !

Les organisations syndicales ont voté à l’unanimité contre ce projet.

SUD Education a décidé de ne pas se rendre au CTSD du 11 octobre. Nous refusons de nous prêter à cette farce.

Enfin, les "questions diverses" posées par SUD Education concernant des situations urgentes n’ont pas été traitées : "On n’a pas le temps, il y aura un autre CHSCT pour cela". Quand donc ? Le 11 décembre... Vous avez le temps de mourir au boulot ! Mais l’administration nous rassure : les situations ne sont pas traitées seulement au CHSCT. On le sait bien : en dehors du CHSCT, la hiérarchie règle les problèmes avec un balai et un tapis, ou bien en suspendant les personnels en souffrance... Ou encore, l’employeur renvoie la balle vers le réseau PAS, l’équipe mobile... quand il devrait agir pour protéger les personnels, ce que la loi lui impose. SUD Education a dénoncé une attitude méprisante envers le CHSCT.

SUD Éducation continuera à défendre des principes et des personnes, dans les instances et en dehors, même si l’État, comme il est à craindre, met en œuvre une stratégie beaucoup plus radicale, à savoir la disparition des CHSCT prévue par la Loi EL KHOMRI.

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