CTSD carte scolaire du 2 septembre 2016 : une embellie... à géométrie variable !

Des seuils qui ne baissent toujours pas, des critères de décision trop flous et inéquitables : pour SUD Education, le compte n’y est pas.
dimanche 4 septembre 2016
par  christinec
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Le 2 septembre s’est tenu le CTSD de rentrée (décisions de carte scolaire du premier degré en pdf ci-dessous). La première phase datait de mars, puisque la DASEN a supprimé la phase de juin. Malgré une situation globalement meilleure pour de nombreuses écoles, SUD Education a voté contre ces décisions de carte scolaire, alors que les autres organisations accordaient unanimement un vote en abstention à la DASEN.

Pourquoi ce vote contre, alors que le paysage semble s’éclaircir ? Trois raisons fondent cette décision.

1 - Une amélioration conjoncturelle, qui risque fort d’être passagère

Si les classes sont moins chargées en cette rentrée, c’est le résultat de deux facteurs : l’obtention de 27 postes supplémentaires, et la baisse des effectifs. La DASEN n’y est pour rien : l’amélioration était mathématique. On ne peut que lui accorder le fait d’avoir, comme elle le dit, mis ces moyens "devant élèves". Encore heureux, vu la situation dans le département !

Cependant, ces moyens supplémentaires, il est fort possible, voire probable, qu’on nous les reprendra un jour, au vu de la baisse des effectifs... La décision politique d’acter l’amélioration en annonçant une baisse des seuils, n’a pas été prise. La grille des seuils reste inchangée, et elle reste l’outil de référence. L’embellie ne s’inscrit donc pas dans la durée.

2 - Une méthode discutable, un résultat inéquitable

Les seuils restent bien l’outil de référence... mais l’administration, fort de la marge évoquée plus haut, annonce privilégier "l’aspect qualitatif" au moment de prendre les décisions. Ce qui donne une fâcheuse impression de cas par cas, et de flou dans les critères retenus, qui ne sont guère explicités. Comment expliquer par exemple cette fermeture dans une petite école rurale à 3 classes pour la raison qu’il n’ y aura alors "que" 25 élèves par classe en moyenne... avec 4 niveaux par classe !? Alors que d’autres écoles, avec de meilleures conditions de travail, ont des moyennes par classes plus favorables - ce qui est une bonne nouvelle pour elles, mais ce devrait être le cas partout !

Le seul moyen de tendre vers une réelle équité, c’est d’utiliser des critères transparents et diversifiés, qui rendent compte des difficultés rencontrées par les équipes : ULIS, ruralité, RPI, public particulier...

3 - Maintenir la pression

Si la méthode du cas par cas était utilisée dans un contexte plus tendu, sans marge de manœuvre au niveau des moyens, elle ne passerait pas. Aujourd’hui, dans les écoles les moins chanceuses, on ne peut guère s’élever contre les décisions de la DASEN, car "de toute manière, on était loin du seuil". De ces seuils insoutenables parfois jusqu’à l’absurde, dont nous demandons plus que jamais la baisse drastique, et la refonte. Seuils qui devront alors être respectés de manière intransigeante, pour une parfaite équité. Nous en sommes loin.

Enfin, n’oublions pas que les 27 postes obtenus pour cette rentrée, ne sont pas arrivés sur un plateau. Il est très probable que le vote unanime et répété des représentant-es du personnel contre la carte scolaire, a joué un rôle, alors que la DASEN disait pour sa part : "je ne considère pas que le département de la Vendée manque de moyens"...

Nous n’avons pas obtenu ce que nous exigions l’année dernière en intersyndicale large, avec la FCPE : une baisse assumée des seuils pour les écoles publiques vendéennes. Ne nous y trompons pas : maintenir la pression sera le seul moyen de conserver, puis d’accentuer l’embellie. C’est le sens de notre vote "contre" : ne nous abstenons pas de rappeler à l’administration que le compte n’y est pas !


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