Déclaration de SUD Education au CDEN du 4 mai 2015

Le constat est alarmant malgré l’annonce de création de plusieurs milliers de postes à la rentrée 2015,
mardi 5 mai 2015
par  stephanet
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les collègues et les élèves ne constatent aucune amélioration sur le terrain, au contraire il se peut que la situation se dégrade encore puisque les maigres créations de postes obtenues pour la Vendée continueront à abaisser le taux d’encadrement, ce en raison de la forte pression démographique.

Les politiques d’austérité ont des conséquences directes et aggravent les conditions de travail des élèves et des enseignants. A la rentrée 2015, les lycées et les collèges seront sévèrement touchés, les heures postes attribuées aux établissements ne permettront pas de repondre aux besoins d’enseignement. Dans de nombreux conseils d’administration (Lycée Mendès France, Kastler, Rabelais, Luçon, collège du pays de Monts…), les élus du personnel, parfois associés aux parents d’élèves et aux élèves, ont voté contre la répartition de la DHG, et ont exprimé ainsi leur protestation contre l’insuffisance des moyens accordés. SUD Education tient une nouvelle fois à dénoncer l’attitude de certains chefs d’établissement qui ont refusé cette année de faire voter au plus tôt la DHG au mépris de toutes les règles et de la jurisprudence. Mais pourquoi se gêner quand ces chefs d’établissement obtiennent le soutien de la DASEN et d’un de leurs syndicats.

Ce gouvernement poursuit aussi la mise en œuvre de la réforme du lycée, la réforme Chatel. Ainsi le Bac techno Hôtellerie est réformé : le gouvernement vient de publier les décrets de cette réforme. Là encore, cette « réforme » est issue d’un processus autoritaire, puisque le ministère a laissé 10 jours aux enseignants pour faire remonter leurs remarques ; malgré un vote « contre » au Conseil Supérieur de l’Éducation, la ministre impose ainsi cette réforme malgré l’avis contraire des professionnels, des parents et des enseignants. Sur le fond, elle conduit à aligner ce bac sur les autres bacs réformés avant lui (général, et STI) : on connaît le succès de toutes ces réformes !
- Dégradation des conditions d’enseignement par perte d’heures de cours
- Destruction du collectif pédagogique par la liberté laissée au chef d’établissement de gérer la pénurie : le conseil pédagogique, émanation du pouvoir du proviseur ou du principal, permet de flexibiliser les conditions d’exercice, de jouer de manière arbitraire sur les choix de dédoublements, d’installer des logiques de courtisans du Prince…
Tensions interindividuelles, surcharges de travail, perte de sens, voilà autant de résultats de cette politique pathogène, que nous dénonçons ici comme nous le dénonçons en Comité Hygiène et Santé et Conditions de Travail !
Autre réforme, celle du collège qui est la déclinaison de la loi d’orientation, dite de « refondation ». Cette réforme s’inscrit aussi dans le cadre d’une programmation budgétaire insuffisante et d’orientations fondamentales que nous combattons : à savoir le socle commun et la logique des compétences, ainsi que l’« autonomie » des établissements. Les préalables indispensables pour une nécessaire réforme du collège ne sont donc pas là : les postes, le temps et les conditions de travail des personnels, un projet d’école publique égalitaire et émancipatrice.

En ce qui concerne le 1er degré, SUD éducation dénonce l’accroissement des inégalités liées à la semaine de 4,5 jours, inégalité financière pour les familles, inégalité pour les élèves, dont certain-es subissent des horaires et des activités inadaptées à leurs besoins, inégalité enfin pour les personnels, qui pour certains connaissent une dégradation sans précédent de leurs conditions de travail :
- allongement de l’horaire de présence et du temps de transport hebdomadaires ;
- salles de classes indisponibles pendant les TAP ;
- difficultés à enseigner l’après-midi à des élèves déjà fatigué-es par les TAP sur pause méridienne…
La situation des élèves en situation de handicap continue également à se dégrader dans le département, en raison du manque de places en CLIS notamment, même si la création d’une CLIS entière à Noirmoutier est enfin actée. Un choix dangereux est opéré par l’Education Nationale : il s’agit de la pérennisation du dispositif DATE du Collège des Gondoliers. Une autre classe de ce type ouvre dans la foulée au collège Viète à Fontenay. Ce dispositif sert à gérer la pénurie de places en IME. Il s’adresse à des élèves en attente de place. Il ne saurait cependant remplacer une véritable place en IME. En outre, il usurpera en Vendée le nom d’un dispositif existant réellement ailleurs ("classe délocalisée IME") qui est en réalité tout autre : il s’agit de permettre à des élèves inscrits en IME de faire l’expérience de l’inclusion scolaire en milieu ordinaire, à des rythmes et des quotités horaires variés. Or, rien de tel ici : les élèves ne seront toujours pas inscrits à l’IME !
L’Education Nationale se fait complice du ministère de la Santé : une telle option n’amènera pas, il faut le craindre, la création de nouvelles places en IME... puisqu’on peut faire autrement à moindre coût ! Mais au détriment des élèves, encore une fois.

En ce qui concerne la carte scolaire, rien de neuf : les postes promis n’arrivent pas, les seuils ne baissent pas, les quotas de PS1 demeurent, la Vendée reste année après année un département sinistré – même si nous ne nous leurrons pas sur la situation dans d’autres territoires. Chaque année, c’est le même cynisme qui est à l’oeuvre : lorsqu’une école atteint un effectif lui permettant de travailler correctement, une classe ferme. Pour ouvrir ou rouvrir une classe, il faut en passer par des années de sureffectif… C’est là une situation vécue de manière violente par nos collègues, par nos élèves.
En outre, nous dénonçons l’inégalité de traitement entre les circonscriptions, en fonction de la procédure choisie par les IEN : certain-es remontent à la Direction Académique les prévisions transmises par les écoles, certain-es remontent uniquement les inscriptions entrées dans « base élève », qui ne sont pas forcément à jour ! SUD éducation exige une procédure identique pour toutes les circonscriptions, afin d’assurer l’équité entre les écoles. Mme l’inspectrice nous a dit elle-même lors du CTSD qu’il lui était demandé une attention particulière quant à cette équité : nous ne comprendrions pas qu’elle ne donne pas les consignes nécessaires aux IEN à ce sujet.
SUD éducation dénonce également la façon dont la Direction Académique traite la question des redoublements, demandant aux IEN de mettre en place dès à présent et sans aucune concertation un article de loi qui n’est même pas encore entré en vigueur. Encore une fois, ce sont les élèves eux-mêmes qui en subiront les conséquences, car le redoublement, s’il n’est pas la panacée, constitue en l’état actuel des moyens dont nous disposons, la seule solution pour faire progresser certain-es élèves. Refuser les redoublements sans donner aux enseignant-es d’autres moyens pour aider les élèves, ce n’est rien d’autre qu’une mesure d’austérité, car un élève qui a besoin de plus de temps est tout simplement un élève qui coûte trop cher !

Enfin, certains partenaires sociaux, au secours de ce gouvernement, déclarent que les politiques menées ne sont pas des politiques d’austérité. Que penser alors du gel du point d’indice de la fonction publique depuis 2010, de la baisse de nos salaires en raison de l’augmentation de la pension civile, de l’économie budgétaire de 50 milliards d’euros d’ici à 2017 ? SUD Education, avec l’union syndicale Solidaires, s’est inscrit dans la journée de grève interprofessionnelle du 9 avril contre l’ensemble des politiques d’austérité menées par ce gouvernement et entend bien poursuivre la mobilisation pour exiger une autre politique, une autre répartition des richesses.

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