Lettre ouverte à Madame Sylviane Bulteau, députée

Madame la Députée, Dans votre courrier du 15 novembre 2013, vous interpellez les fédérations de l’éducation et notamment la nôtre. Vous qualifiez nos propos relatés dans la presse de « consternants ».
jeudi 28 novembre 2013
par  stephanet
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Madame la Députée,

 Dans votre courrier du 15 novembre 2013, vous interpellez les fédérations de l’éducation et notamment la nôtre. Vous qualifiez nos propos relatés dans la presse de « consternants ».

Outre le fait qu’en tant qu’organisation syndicale nous revendiquons le droit de nous exprimer et d’avoir notre liberté de parole et d’opinion qui découle de notre analyse de la situation, nous souhaitons vous apporter les précisions suivantes sur notre positionnement concernant la réforme des rythmes scolaires dont nous continuons à demander l’abrogation.

Vous invoquez que « l’ensemble de la communauté scientifique et éducative s’accorde pour penser que le rythme de la semaine de quatre jours... était la plus longue d’Europe ». Nous supposons que vous parlez de la journée d’école car concernant la semaine, le temps d’école est resté identique avant ou après la réforme Peillon… A SUD éducation, nous pensons également que le temps d’école doit être mieux réparti sur l’année. Mais comment le mettre en œuvre quand le ministère a décidé avant toute négociation avec les organisations syndicales, de ne pas revenir sur le zonage ? De plus quel rapport entre la réforme des rythmes scolaires et l’enquête PISA ? Aucun sans doute, l’essentiel étant de faire croire qu’avant c’était l’horreur et que maintenant c’est le bonheur…

Certes, les communes qui ont mis en place la réforme à la rentrée 2013 en ont été remerciées et ont reçu une subvention pour la mise en place de la réforme. Mais il s’agit là d’une aide temporaire laissant par la suite les communes seules face à ces nouveaux besoins de financement : nul doute que pour financer les activités périscolaires à terme les communes solliciteront les fondations privées ou que certaines communes demanderont aux parents une participation au financement de ces activités…
Par ailleurs, nous pensons que la multiplication des interventions extérieures empêche d’avoir une vision globale de l’éducation.

 Dans cette réforme, nous constatons de nombreux effets pervers :
-  Ce décret est une réforme de l’emploi du temps et non des rythmes scolaires
-  Ce décret génère de grandes inégalités sur le territoire entre communes riches/pauvres, rurales/urbaines, sans aborder les priorités des politiques municipales qui peuvent être différentes d’une commune à l’autre ;
-  Pour fonctionner le projet Peillon a besoin de personnels précaires notamment à temps partiel et même des bénévoles.

A SUD Education, nous ne sommes pas pour le retour à la semaine de 4 jours comme vous le laissez entendre dans votre courrier, nous sommes au contraire favorables à une réforme plus globale qui nécessite avant tout de :
-  réduire les effectifs par classe les effectifs sont constants voire aggravés dans certaines classes ce qui est un facteur de fatigue et d’échec scolaire,
-  repenser les programmes, revoir les contenus pour laisser du temps à l’expérimentation, à la recherche…
-  différencier le temps de travail des professeurs des écoles devant élève du temps d’enseignement pour les élèves. (exemple : 18 h devant élèves + 6 heures de concertation).
-  Différencier le temps et les activités selon l’âge des enfants.

Nous constatons après quelques mois de mise en place de la réforme une fatigue accrue des enfants liée à cette nouvelle organisation. Nous sommes très loin des objectifs fixés par le ministre à savoir diminuer la fatigue et réduire les inégalités sociales. Au contraire, nous pensons que les inégalités vont se renforcer.

Par ailleurs, vous semblez confondre le décret sur les rythmes scolaires avec d’autres aspects de la loi sur « la refondation de l’école » (formation des enseignants, dispositifs « plus de maîtres que de classes »). Sur cette loi, notre appréciation n’est pas positive car elle ne remet en questions les orientations précédentes (fichage des élèves, L.P.C., rapprochement école entreprise, embauche massive de précaires…).

Veuillez, croire Madame la Députée, à notre attachement à une école publique de qualité, émancipatrice et égalitaire.

Le bureau de SUD Education Vendée


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