CTSD du 25/10/12
Tout va très bien, madame la Marquise !
Tout ne va pas si mal en effet, puisque pour la première fois dans notre département, le nombre d’élèves inscrits dans l’enseignement privé est en régression (-18). Mais c’est bien l’unique bonne nouvelle de cette rentrée, qui voit s’alourdir une fois de plus le nombre moyen d’élèves par classe.
Premier degré
Ce nombre connaît l’évolution suivante dans le premier degré :
2010-2011 : 24,15
2011-2012 : 24,18
2012-2013 (chiffre non officiel) : 24,26.
Encore faut-il signaler que ces moyennes incluent les classes de CLIS, limitées à 12 élèves…
Si la Loire-Atlantique déplore une moyenne par classe de 24,67 élèves (2011-2012), ce chiffre n’est pas comparable à celui de la Vendée du fait du grand nombre de petites écoles rurales à classes multi-niveaux que compte notre département.
Quant aux autres départements de l’Académie, leur moyenne se situe entre 23,22 et 23,71 élèves par classe : si c’est encore trop, en Vendée nous en sommes loin…
Mais le Directeur académique, à qui Sud Education demande au moins de partager notre constat que la Vendée est en queue de peloton au niveau national, se contente de répéter que nous avons obtenu 11 postes supplémentaires et qu’ils ont été répartis équitablement…
Un point avait été ajouté à l’ordre du jour à la demande des organisations syndicales. Il concernait une école qui concentre de nombreux problèmes et dont l’équipe enseignante interpelle la hiérarchie depuis de longs mois. Mais comme toujours, il faut qu’un incident éclate pour que l’Administration, contrainte et forcée, réagisse enfin. Malheureusement, la réaction n’est pas à la hauteur : malgré un geste violent envers un enseignant dans un climat extrêmement tendu, le Directeur académique refuse de réunir le CHSTC (Comité d’hygiène, sécurité et conditions de travail) sous prétexte que d’après lui, il n’y a pas danger grave et imminent, comme le prévoient les textes.
Sud Education dénonce la lecture restrictive du décret 82.453 du 28/05/82 et demande une nouvelle fois que soient enfin mis en place, dans les écoles et établissements de Vendée, le Registre hygiène, sécurité et conditions de travail obligatoire depuis maintenant 30 ans !
Dans le second degré, même chanson : la difficulté éprouvée sur le terrain à simplement faire notre métier d’enseignant n’est pas reconnue. Pour le directeur académique, un poste partagé collège/lycée « est une chance, un enrichissement » pour un certain nombre de collègues ! Ceux-ci apprécieront cet argument fallacieux, s’ils ont le temps et le courage de lire ces lignes entre deux allers-retours, entre deux réunions… Pour Sud Education, il s’agit de provocation pure et simple.
Quant aux élèves, ils sont comblés : « on a été attentifs aux sixièmes », nous dit-on. Qu’aurait été la rentrée sans cette prévenance ! La moyenne par classe de 6ème dépasse 26 élèves dans 12 collèges sur 31 ! On atteint une moyenne approximative de 28 élèves par classe dans 6 collèges, mais dormons sur nos deux oreilles : l’Administration est attentive…
De même, dans un collège où les apprentissages des élèves ont pâti d’absences de professeurs non remplacés pendant l’année scolaire 2011-2012, la réponse de l’Administration, lancée à la presse en ce début d’année, est insupportable : la solution doit venir de l’équipe elle-même, à travers « un projet pédagogique fort » ! Voilà comment remédier dorénavant aux absences non remplacées ! Le sens même des mots – projet, pédagogie – est bafoué. Et les enseignants renvoyés à eux-mêmes. Il n’est pas si loin le temps où un gouvernement de droite le disait : « l’école doit être sa propre ressource ».
Pourtant, régulièrement, le Directeur académique dit « je vous entends », « je vous rassure », « nous ne laisserons pas les équipes seules »… pourtant, du début à la fin, c’est le déni de la souffrance des enseignants et des élèves que nous entendons. Pour monsieur Dechambre, comme pour monsieur Hollande, l’état de grâce (s’il y en eut un) est terminé. Absences non remplacées, écoles en difficulté, enfants handicapés, personnels précaires… vous êtes compétents ! Débrouillez-vous et circulez, y a rien à voir : tout va très bien, madame la Marquise.
